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Histoire et genèse du futsalModifier

On entend aujourd’hui par la dénomination FUTSAL, la pratique sur terrain réduit d’un jeu de balle au pied, qui est a été codifiée à partir de 1930 et d’origine sud-américaine, réglementé selon les règles du jeu édictées en 1971 par la FIFUSA – Fédération Internationale de FUtebol de Salaõ et transmises par héritage en l’an 2002 à l’AMF – Association Mondiale de Futsal.

A l’origine, le Futsal est apparu en Amérique du Sud, comme une activité récréative exercée par un nombre illimité de joueurs de deux équipes adverses dans un espace de dimension réduite (aux dimensions d’un terrain de basketball) qui doivent faire passer à l’aide des pieds et de l'extérieur d'une “surface de but” (située à 6 mètres du but), une petite balle ronde à faible rebond (ballon à faible rebond et de la taille d'un ballon de handball), derrière la ligne de but d’une cage d’une hauteur de 2 mètres et d’une largeur de 3 mètres (but de handball) gardée par un gardien. Cette activité sportive a été repérée en 1930 et améliorée en 1933 par le Prêtre JUAN CARLOS CERIANI du mouvement œcuménique de l’Association des Jeunes Catholiques (A.J.C. plus connue sous le nom anglais de Y.M.C.A. – Young Men Christian’s Associations) de la Ville de Montevideo en Uruguay, en empruntant diverses règles du jeu à différents sports existants et règlementés, comme le handball (but et surface de but), le basketball (terrain, fautes collectives), le waterpolo (règles du gardien) et le football (balle au pied).

Par la suite, cette activité de récréation a été utilisée au sein des Associations des Jeunes Catholiques (YMCA), dans le but de modifier les comportements des jeunes par la discipline et le respect des règles, aux fins d’améliorer la cohésion des groupes et favoriser l’intégration sociale des jeunes. Les personnes qui pratiquaient cette activité sportive, la dénommèrent à l’origine “Sala-Fút-Bol”, sans que cette nouvelle activité récréative et sportive n’ait été définie et réglementée par le Gouvernement du Football de la FIFA, qui avait été fondé antérieurement en 1904.

En 1933, la rédaction de la première version des règles de ce jeu récréatif fut réalisée par M. Juan Carlos Ceriani, mais nous n’avons plus de traces écrites de ce document. Quoiqu’il en soit, il ne fait aucun doute que l’écriture des règles du jeu permirent la diffusion de cette activité sportive au sein de l’organisation des A.J.C (YMCA), tout autant en Uruguay, qu’au Brésil dans l’État de São Paulo.

Entre 1940 et 1950, cette activité récréative connue rapidement une forte popularité en Uruguay et au Brésil où il se propagea dans l’ensemble de l’Amérique du Sud, jusqu’à sortir du cadre des jeunes de la YMCA, ce qui abouti à diverses interprétations et adaptations des règles. M. Habib MAPHUZ de l’AJC de São Paulo, développa cette activité récréative comme une pratique sportive à part entière en la codifiant de manière plus précise et stricte. Avec l’aide de M. Luis Gonzaga d'Oliveira de l’A.C.M de São Paulo, ils nommèrent cette activité sportive du nom de “Futebol de Salão” et organisèrent sa pratique au sein de Ligues.

En 1954 fut fondée la première Fédération que le Brésil ait connue, la Fédération Métropolitaine de Futsal, actuelle Fédération de Futebol de Salão de l'État de Rio de Janeiro. Une année plus tard en 1955, se constitua la “Fédération Paulista de Futebol de Salão” qui devint la Fédération de l’État du São Paulo du Brésil. En 1956, furent unifier et publier les règles brésiliennes du “Futebol de Salão”. Il existe la preuve écrite et indiscutable de l’existence des “Règles du jeu du Futebol de Salão” de 1956, qui permettent de désigner le Brésil comme le berceau de sa naissance et de laisser la paternité à la YMCA et la propriété intellectuelle du jeu du “Futebol de Salão” à son créateur argentin, le Professeur Juan Carlos CERIANI.

Le Futebol de Salão, en tant que sport codifié avec ses propres règles du jeu, continua de se doter de nouvelles autorités territoriales, comme les Fédérations d’Etats du Brésil, les Fédérations Nationales de Futebol de Salaõ de l’Uruguay (1965), du Paraguay (1966) et d’Argentine (1968). Le 14 septembre de l’année 1969, se sont réunis à Asunción, les représentants du Brésil, du Paraguay, de l'Uruguay et de l'Argentine pour fonder la Confédération sud-américaine de Futebol de Salão (C.A.F.S.), fixant son siège à Asunción.

En juillet 1971 la Confédération Sud-Américaine de Football de Salon et la Confédération Brésilienne des Sports, ont constitué à São Paulo (Brésil) la Fédération Internationale de Futebol de Salão (FIFUSA), chargé de gouverner ce sport au niveau international. Le Brésil, l'Argentine, la Bolivie, le Paraguay, le Pérou, le Portugal et l'Uruguay ont pris part à sa création. Le premier président élu au Conseil Exécutif de la FIFUSA fut M. João Havelange et son premier secrétaire général, M. Luis Gonzaga.

Le Futebol de Salão se joua en Europe, à partir des années 1968 au Portugal, puis en Espagne où il s’implanta à Madrid, en Castille (1972) puis en Catalogne et en Galice. En 1982, une cinquantaine de clubs espagnols constituèrent la Fédération Espagnole de FutSal (F.E.F.S.) et quittèrent la Réelle Fédération Espagnole de Football (R.F.E.F.), qui peinait à intégrer les acteurs et la pratique du Futebol de Salão. La Belgique et les pays de l’Est rejoignirent les pays latins et fondèrent la Confédération de l’Union Européenne de Futebol de Salão (U.E.F.S) ayant son siège situé à Madrid en Espagne. Depuis la nomination en 2000 du russe Valeriy Akhumyan à la présidence de l’UEFS, son siège social a été transféré en Russie. L’expansion et la gestion du Futebol de Salaõ en Amérique du Sud et en Europe, a été principalement et de manière pratiquement exclusive jusqu’en 1990, l’œuvre des Fédérations, Unions et Ligues de Futebol de Salão, sans l’aide et l’intervention des Confédérations ou Fédérations Nationales de Football affiliées à la FIFA.

Le Futebol de Salão a eu un développement constant à partir de la seconde moitié du 20ème siècle en Amérique du Sud. L'identité et l'indépendance de cette discipline viennent de son origine, de son histoire et de son évolution, qui n’ont rien de comparable avec celles du Football à onze de la FIFA. L'exemple le plus évident pour donner un point de comparaison est celui du tennis et du tennis de table, avec une différence de traitement qui est évidente. La Fédération Internationale de Tennis - ITF ne s’est jamais immiscée dans la Fédération du Tennis de Table.

A contrario de l’ITF, la FIFA s'est spécialement immiscée dans le Futebol de Salão, dès le début des années 80, quand il est parvenu à une taille adulte et que la FIFUSA fut créée. Le fait que João Havelange, premier Président de la FIFUSA et par ailleurs Président de la Confédération Brésilienne des Sports, fut élu de 1974 à 1998 Président de la FIFA, a probablement créé des perturbations. La FIFUSA réussit a organisé son premier mondial de Futebol de Salão en l’année 1982 à São Paulo (Brésil). Dès cette époque, la FIFA a essayé de s'approprier cette discipline d’une manière ouverte, mesquine et non dissimulée.

Les deux modèles ont coexisté jusqu'à nos jours, avec des relations changeantes qui ont produit des rapprochements et des éloignements, avec des étapes de gestion séparée, sans qu’il existe d’interférence entre eux. Les tentatives de récupération du Futebol de Salão par la FIFA se sont répétées à plusieurs reprises, mais toutes échouaient, dans la mesure où la FIFUSA était puissante et bien établie. Sous la présidence du brésilien Januario d'Alessio Netto, l’influence de la FIFUSA croissait encore, au point d’organiser en 1985 son deuxième mondial en Espagne. Pendant le même temps, la FIFA n’arrivait pas à promouvoir le tournoi international de son sport de laboratoire, appelé Football à Cinq (Soccer Five ou Five-a-Side), une pâle copie du Futebol de Salão.

La FIFA prétendait imposer ce sport hybride sans fondement culturel ou social, donc artificiel, alors que le Futebol de Salão recevait les fruits d'une culture sportive fleurissante, comme un fait naturel et irréversible. Dans l’incapacité d’obtenir son essor, la FIFA fit appel à des pressions économiques désagréables et des attitudes "non légales" de toutes sortes comme l'interdiction d'utiliser le mot Football, ce qui a motivé en 1983 la création du mot composé d’origine portugaise "FUTSAL" (FUTebol de SALao), ce qui fût ratifié au congrès de Madrid en 1985, pour éviter toute confusion avec le terme Football.

Sous le règne de Joao Havelange et devant le succès international que remportait le Futsal avec la FIFUSA qui organisait en 1982 son 1er Championnat du Monde de Futebol de Salão au Brésil, la FIFA s'est ouvertement engagée dans une lutte de dominance. D'abord en essayant de le concurrencer en imposant sa propre version de Foot à Cinq (Soccer Five ou Five-a-Side), puis en obligeant la FIFUSA à changer le nom du Futebol de Salão en Futsal.

Forte de son succès médiatique et commercial des années 1980 à 1998 et constatant que le Futsal devenait un concurrent sérieux et un risque pour les intérêts du football, la FIFA chercha à diviser les Fédérations de Futsal affiliées à la FIFUSA et notamment en les incitant financièrement à intégrer les Fédérations Nationales de Football, comme au Brésil et en Espagne.

Un bon exemple des pressions politiques et économiques exercées par la FIFA est apparu de manière évidente en 1985, une quinzaine de jours avant l’organisation du 4ème championnat du Monde de Futsal de la FIFUSA en Espagne. En effet, la FIFA intervint directement sur le Comité National Olympique et le Ministère des Sports espagnol en vue de faire pression sur la candidature de Barcelone pour obtenir les Jeux Olympiques de 1992. La FIFUSA dut se résoudre à organiser son 2nd Championnat du Monde de Futsal en se passant de l’aide financière et économique espagnole.

La FIFA organisa quant à elle son premier Championnat du Monde de Football à Cinq (Five-a-side) en l'an 1989 aux Pays-Bas. Quelques temps après, c’est finalement la FIFA qui s’est appropriée le mot Futsal, avec la complicité des autorités des Comités Nationaux Olympiques et des Ministères des Sports des pays où elle exerçait une influence considérable. Avant d’organiser son 4ème Championnat du Monde au Guatemala, la FIFA publia en l'an 1999, sa propre version des règles du jeu Futsal, en plagiant 80% des règles de la FIFUSA.

Les nouvelles règles du jeu du Futsal de la FIFA, ont été écrites avec quelques modifications mineures, ce qui permit à la FIFA de les faire valider sous la dénomination "Règles du Futsal FIFA 2000" et de faire reconnaître la FIFA par le CIO, comme le nouveau Gouvernement international du Futsal. Affaiblie et devant l'indifférence générale des autorités, la FIFUSA protesta contre le vol manifeste de la FIFA, mais aucune des actions légales et recours devant les instances du CIO, des CNO et de l’AGFIS ne furent pris en compte. Les intérêts financiers et l’hégémonie du Gouvernement du Football ne permettent plus l’action légale auprès des instances politiques et des autorités du sport.

Ajourd’hui, la FIFA et l’AMF organisent leurs propres compétitions internationales et utilisent la même dénomination “Futsal”, ce qui génère des confusions notables, pour les non-spécialistes. En réalité, il conviendrait de parler du “Futsal” appartenant aujourd’hui à l’AMF et du “Fooball à Cinq” appartenant de droit à la FIFA et d’éviter d’employer de manière tendancieuse le terme “Futsal FIFA”, compte tenu de l'histoire et des divergences dans l'esprit du jeu.

Un rapprochement entre la PANAFUTSAL et la FIFA s’est opéré avant le Championnat du Monde de la FIFA organisé au Guatemala et un accord avait été trouvé pour intégrer les pays sud-américains de la PANAFUTSAL au sein de la CONMEBOL (Confédération de Football sud-américaine). Les accords signés par le Président de la PANAFUTSAL,le Dr Alarcon Rios et le Secrétaire Général de la FIFA, M. Zen-Ruffinen, prévoyaient l’intégration des Fédérations Nationales de Futsal qui devaient garder leur autonomie et leur indépendance au sein des Fédérations Nationales de Football de la CONMEBOL.

Finalement il est apparu évident que malgré les avancées et la volonté affichée du Secrétaire Général de la FIFA, les Fédérations Nationales membres de la CONMEBOL n’ont pas respecté les termes des accords du Guatemala, étant motivées par une volonté absolutiste et hégémonique. En conséquence, les pays de la PANAFUTSAL ont décidé de poursuivre la défense du modèle traditionnel du Futsal et d’œuvrer à son indépendance.

On est ainsi arrivé au point où, pour défendre l'autonomie, l’indépendance du FUTSAL et ses véritables intérêts (culturels, économiques et sociaux), les pays d’Amérique latine, membres de la PANAFUTSAL et d’autres nations associées et symathisantes, ont décidé de constituer l'ASSOCIATION MONDIALE DE FUTSAL – AMF, sans s’écarter de l'expérience du gouvernement de la FIFUSA, sans se prêter à une intégration par la FIFA et en veillant à protéger cette discipline et l’organisation de la PANAFUTSAL.

Il est important de noter que le Paraguay, défenseur traditionnel de l'autonomie de cette discipline, utilise le terme Futsal pour identifier ce sport par droit acquis et protégé par les lois de la nation, en ayant inscrit ce mot dans les registres officiels de la constitution de la République.

En France, la Fédération Française de Football a reçu en 2001 une délégation du Ministère des Sports pour le Futsal. Début juillet 2003, après le refus de la Fédération Française de Football d’enregistrer l’Union Nationale des Clubs de Futsal comme “Union d’Associations reconnue”, l’UNCFs a demandé à rentrer dans le processus d’affiliation à l’AMF. Les membres de l’UNCFs souhaitent représenter le Futsal français dans les compétitions internationales de l’AMF et de sa Confédération affiliée UEFS pour l’Europe en tant que Fédération Française de Futsal.

En septembre 2007, l’AMF a organisé en Argentine (Mendoza) son 9ème Championnat du Monde de Futsal, avec la participation de 16 équipes nationales.

En mars 2008, l'UEFS a organisé en Belgique son 8ème Championnat d'Europe des Nations (Eurofutsal) avec la participation de 8 équipes nationales. La France s'est classée sixième.